« Woke ou séparatiste, la jeunesse est trop souvent méprisée, voire haïe »

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Nous avons entre 17 et 27 ans. Nous venons de quartiers différents, nous avons des histoires et des d’origines différentes. Nous sommes juifs, musulmans, chrétiens, athées, croyants ou non. Nous sommes la jeunesse de ce pays et le disons fermement : depuis trop d’années, quelque chose ne va pas.

La jeunesse française avance dans un paysage politique qui se rétrécit. Les politiques publiques qui devraient l’émanciper sont démantelées, une à une : retrait d’1 milliard d’euros aux jeunes dans le budget 2026, stagnation des bourses, réduction des aides au logement, amputation des dispositifs culturels et sportifs, abandon des programmes d’éducation populaire.

Trop de gouvernements ont désorganisé jusqu’à l’absurde l’éducation nationale, laissant enseignants, élèves et familles dans un état de tension permanent, pris entre réformes improvisées, plateformes opaques et manque de moyens. A cette déstabilisation se sont ajoutés des choix politiques hostiles aux logiques d’émancipation, à l’image du service national universel (SNU) et de son fantasme de mise au pas militarisée de la jeunesse.

Course derrière l’extrême droite

Parallèlement, le discours public a glissé : loin d’y être présentée comme une force, la jeunesse y est trop souvent méprisée, voire haïe. Pendant la pandémie, elle fut accusée d’irresponsabilité. Lors des mobilisations contre le racisme, elle fut décrite comme « woke » ou séparatiste. Après la mort de Nahel [en 2023], l’analyse des causes des révoltes a, sur fond de racisme, été remplacée par d’incessants refrains sur les « parents défaillants » et les « réseaux sociaux ».

Bref, chaque séquence manifeste le refus de regarder en face des maux pourtant documentés : contrôles discriminatoires, violences policières, inégalités territoriales, pauvreté étudiante, décrochage scolaire ou détresse psychique d’une génération sous pression. En outre, aux défis qui nous attendent en termes de justice sociale, de crise écologique et de catastrophe démocratique, trop de responsables politiques ne répondent que par l’austérité, la peur ou la réaction.

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