
Un bon dessin vaut mieux qu’un long discours. Vieux poncif auquel notre regretté collaborateur Serguei, mort le 8 janvier, redonnait chaque jour une pétillante jeunesse. Nul doute que son rire tonitruant aurait salué la vidéo publiée en appui d’un article de Current Biology, lundi 19 janvier. Avec une remarque, du genre : « Que veux-tu écrire de mieux que ça ? » Vous pouvez donc directement cliquer sur ladite vidéo. Ou patienter trois minutes en lisant cette chronique, pour une fois illustrative.
Veronika est une vache de 13 ans, de race braunvieh suisse. Elle coule une existence tranquille dans la ferme de Witgar Wiegele, meunier et boulanger bio, dans les Alpes autrichiennes. Outre son port altier, Veronika a une autre caractéristique : elle peut manier un outil. Son propriétaire l’a découvert par hasard, il y a dix ans. Plutôt que de se frotter le dos contre une barrière, elle préférait attraper un bâton et se gratter.
Le cas serait sans doute tombé dans les oubliettes de l’histoire naturelle si les images de ce comportement n’étaient pas arrivées sous les yeux d’Alice Auersperg, biologiste de la cognition à l’université de médecine vétérinaire de Vienne. « Quand j’ai vu cet enregistrement, il était tout de suite clair que ce n’était pas accidentel, raconte-t-elle. Il s’agissait d’un exemple significatif d’utilisation d’outils chez une espèce rarement considérée d’un point de vue cognitif. »
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