
Septième soirée de la 35e édition de Sons d’hiver, festival itinérant mais bien établi dans le département du Val-de-Marne, qui se tient jusqu’au 21 février. Alors que le monde est encore sous le choc de la répression qui s’est abattue sur la société iranienne, le Théâtre Claude-Debussy de Maisons-Alfort s’est réservé un programme persan. Un peu de beauté et d’élévation pour oublier un instant les brutes sanguinaires.
Membre d’une prestigieuse famille de percussionnistes, Keyvan Chemirani est citoyen français. Il est aussi le fils de Djamchid Chemirani, né à Téhéran en 1942 et mort le 5 novembre 2025 à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence). Un grand maître du zarb, emblématique tambour en gobelet, que ses deux fils, Keyvan et Bijan, avec lesquels il forma le Trio Chemirani, continuent de projeter dans la modernité en conviant cette percussion dans les sphères du classique (du médiéval au contemporain) ou du jazz.
Keyvan Chemirani vient d’en apporter une nouvelle illustration avec Tales of NAR (pour new ancient rhythms), son quatrième album en leader paru le 6 février (PeeWee !/Socadisc). Comme pour le premier, Le Rythme de la parole (2004), dans lequel le zarb voyageait au Mali et en Inde, en Provence et en Bretagne, le musicien a élu domicile entre les murs intimidants de l’abbaye de Royaumont (Val-d’Oise). « C’était un travail sur la prosodie qui continue de me suivre, explique-t-il. Car, depuis l’enfance, on a eu cette langue, le persan, qu’on ne comprenait pas, mais qu’on entendait résonner à la maison. Elle nous parlait sans qu’on en comprenne le sens. »
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