Paris, Londres et Berlin déclenchent le mécanisme pour réimposer les sanctions de l’ONU, Téhéran promet de répondre à un décision « injustifiée »

| 3 140


Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, après une réunion sur le programme nucléaire de Téhéran, en présence de ses homologues allemand, français, britannique et de l’Union européenne, à Genève, le 20 juin 2025.

La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne (E3) ont déclenché, jeudi 28 août, le mécanisme permettant de réimposer les sanctions de l’ONU contre Téhéran en raison du non respect de ses engagements sur son programme nucléaire, selon une lettre au Conseil de sécurité consultée par l’Agence France-Presse (AFP).

Les trois pays « souhaitent notifier le Conseil de sécurité que, sur la base de preuves factuelles, le E3 estime que l’Iran est en position de non-respect important de ses engagements » en vertu de l’accord sur le nucléaire de 2015. Ils « invoquent ainsi le mécanisme connu sous le nom du snapback », qui entame un processus de 30 jours permettant de réimposer toute une série de sanctions suspendues il y a dix ans, détaille la lettre.

Le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra vendredi à 16 heures (heure de Paris) une réunion d’urgence pour discuter à huis clos du déclenchement de ce mécanisme, ont rapporté des sources diplomatiques à l’AFP.

Les Européens agitaient cette menace depuis des mois, et son activation intervient quelques semaines avant son expiration, et alors que la diplomatie est au point mort, quelques semaines après une campagne de bombardements israéliens et américains contre les sites du programme iranien. Les négociations américano-iraniennes sont ensablées, la coopération de Téhéran avec l’AIEA chargée de surveiller son programme est restreinte, et les discussions entre l’Iran et les Européens n’ont pas abouti.

Le E3 « utilisera pleinement la période de 30 jours » pour tenter de trouver une solution négociée et réussir à éviter le rétablissement des sanctions, ajoutent dans la lettre les trois ministres des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot pour la France, David Lammy pour le Royaume-Uni et Johann Wadephul pour Berlin. « L’escalade nucléaire de l’Iran ne doit pas aller plus loin. Cette mesure ne signe pas la fin de la diplomatie », a posté M. Barrot sur X.

« Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi a déclaré que l’Iran répondrait de manière appropriée à cette action illégale et injustifiée », a affirmé un communiqué de son ministère, publié à l’issue d’un appel téléphonique entre M. Araghchi et ses homologues français, allemand, et britannique.

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu



Source link