
Nous, citoyens français, juifs et musulmans, refusons le piège de la mise en opposition de nos douleurs et appelons ensemble à un sursaut de solidarité. Aujourd’hui, notre pays, la France, connaît une explosion des actes antisémites et des actes antimusulmans.
En 2025, 1 320 actes antisémites ont été recensés. Les actes antimusulmans sont également en forte hausse : 326 faits en 2025, soit près de 90 % d’augmentation en un an. Mais derrière ces chiffres bruts, il y a des vies brisées. Il y a des synagogues et des mosquées profanées, des écoles placées sous protection policière, des commerces tagués de menaces. Il y a des agressions dans la rue parce qu’un homme porte une kippa, des insultes dans les transports parce qu’une femme porte le hidjab, des élèves pris à partie dans une cour d’école à cause de leur nom.
Ces chiffres ne sont pas des statistiques. Ce sont des visages. Des familles. Nos familles. Ce sont des enfants qui rentrent de l’école par un autre chemin. Ce sont des drames qui vont jusqu’au meurtre. C’est le produit d’un climat politique où la division devient une stratégie. D’un débat public qui se radicalise en opposant constamment nos souffrances et nos mémoires.
Nous sommes français, juifs et musulmans. Nous appartenons à une génération façonnée par les fractures autant que par la promesse républicaine. Nous avons connu le 11 septembre 2001 et l’entrée brutale dans une ère de suspicion mondiale, où des millions de musulmans furent assimilés à la violence terroriste. Nous avons connu le 21 avril 2002, lorsque l’extrême droite accéda au second tour de l’élection présidentielle.
Violence réelle
Nous avons connu, en 2005, la mort de Zyed Benna et de Bouna Traoré, drames qui ont creusé un fossé de défiance et de colère. Nous avons connu, en 2006, l’enlèvement et le meurtre d’Ilan Halimi, assassiné parce que juif. Nous avons connu, en 2012, les assassinats antisémites de Toulouse : des enfants et un enseignant abattus devant une école parce qu’ils étaient juifs. Nous avons connu, en 2015, les attentats de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher, du Bataclan, du Stade de France et des terrasses. Des vies massacrées au nom d’une idéologie meurtrière.
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