
La révolution birmane est bien vivante. C’est ce que racontent les photographies de Robin Tutenges, parti à la rencontre de combattants de la résistance dans la région de Tenasserim, à l’extrême sud de la Birmanie, dans les forêts et les collines lovées le long de la frontière thaïlandaise.
Au moment de son reportage, Mawdaung, la petite ville birmane à la frontière, vient de tomber aux mains des résistants. Les forces en présence sont composites : on y trouve des unités de la rébellion karen, la Karen National Union (KNU), qui inclut ici une composante musulmane, mais aussi des combattants d’autres ethnies ainsi que des étudiants venus de grandes villes, comme Rangoun. Beaucoup sont de très jeunes hommes et femmes qui ont rejoint la lutte après le coup d’Etat du 1er février 2021, pour trouver entraînement et protection auprès des innombrables « organisations armées ethniques » de la périphérie birmane.
Une partie de ces combattants opère sous la bannière du gouvernement d’unité nationale (NUG), le gouvernement souterrain de la résistance. Or il manque de moyens et d’armes. D’autres sont plus indépendants. Une nouvelle initiative, la Spring Révolution Alliance ( « l’alliance de la révolution du printemps » ; SRA), est née ces derniers mois pour fédérer les groupes épars des « forces de défense du peuple » (PDF), comme ils se désignent, et éviter qu’ils ne rendent les armes au moment où l’armée multiplie les incitations financières à rejoindre le régime.
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