« Les mobilisations de Minneapolis s’inscrivent dans l’histoire des grandes luttes sociales aux Etats-Unis »

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Professeure de civilisation américaine à l’université Lumière-Lyon-II, Agnès Delahaye est spécialiste de l’histoire coloniale américaine et travaille, dans le cadre du projet de recherche America 2026 – un consortium de chercheurs européens, nord-américains, sud-américains et japonais –, sur la place de la révolution américaine dans l’histoire du continent.

A l’occasion des commémorations du 250e anniversaire de l’indépendance des Etats-Unis, son nouvel ouvrage, A qui appartient le 4 juillet ? L’indépendance américaine et sa mémoire (JC Lattès, 112 p., 9,90 euros), s’intéresse à l’instrumentalisation du passé aux Etats-Unis et montre comment la vision trumpiste d’un âge d’or de l’Amérique révolutionnaire se heurte aux travaux d’histoire sociale.

Dans un décret de mars 2025 visant à prendre le contrôle de musées et de bibliothèques à Washington, Donald Trump annonçait vouloir « restaurer la vérité et la raison dans l’histoire américaine ». Est-ce l’origine de votre livre ?

Oui, car, face au révisionnisme, il est important de rétablir l’histoire dans sa complexité, sans laquelle on ne peut comprendre les événements tragiques que connaissent aujourd’hui les Etats-Unis. Le projet de Donald Trump est une révision historique des avancées démocratiques depuis la révolution américaine, et il ne s’en cache pas. Lors de son premier mandat, il avait déjà réuni une commission chargée de réécrire l’histoire nationale. Ce Project 1776 développait un récit simpliste et linéaire des Etats-Unis, celui d’une Amérique blanche et capitaliste, lumière des libertés, rayonnant sur le reste du monde. Ce récit va à l’encontre de tout ce que l’histoire sociale américaine nous a enseigné.

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