
« Nous sommes une entreprise martiniquaise très attachée à ses racines. Loin du bruit, dans la Martinique profonde, je n’ai jamais ressenti d’agressivité. » Aucune tempête ne saurait atteindre Stéphane Hayot, héritier et dirigeant du célèbre Groupe Bernard Hayot (GBH), qui porte le nom de son père depuis sa création, en 1960. Dans l’univers des grands patrons martiniquais, les fondations de l’« habitation » – le mot, toujours employé, désignait la maison des maîtres dans le passé colonial – doivent tenir bon.
Le distributeur fut la cible numéro un des citoyens mobilisés contre la vie chère en 2024, un mouvement marqué par des violences. « Tout ce qu’on vient de traverser n’a en rien ébranlé notre attachement à notre territoire », déclare le patron du groupe le plus puissant des outre-mer, que Le Monde a rencontré, début janvier, dans un café parisien. GBH affiche 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et emploie 18 000 collaborateurs dans le monde.
Les Hayot ont acquis leur fortune guidés par un mot d’ordre, « ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier ». Après la canne à sucre, exploitée dès le XVIIIe siècle, il y aura le rhum, les pneus, l’automobile, la banane, le béton, la distribution, la production de yaourts. Le groupe a doublé son chiffre d’affaires depuis 2010. Mais il affronte des tempêtes, dont une enquête ouverte par le Parquet national financier en août 2025 pour « escroquerie en bande organisée », « abus de position dominante » et « entente » sur les prix de vente des produits.
Il vous reste 88.12% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
