
Aux Etats-Unis, les démocrates sont focalisés sur les questions intérieures. Pourtant, la défaite électorale en 2024 et les embardées de Donald Trump dans le monde les obligent aussi à une réflexion sur ce que serait une politique étrangère alternative. Ancien conseiller sur ces questions auprès du sénateur Bernie Sanders, Matthew Duss, vice-président exécutif du cercle de réflexion Center for International Policy, est l’une des voix influentes dans le camp progressiste.
Quelle est votre réaction au déclenchement d’une opération militaire sans précédent contre l’Iran ?
Les Etats-unis et Israël ont initié une guerre en vue d’un changement de régime en Iran. C’est un crime d’agression, l’une des violations les plus graves possibles du droit international. Il n’y a pas d’argumentaire plausible selon lequel l’Iran représentait une menace imminente pour les Etats-Unis, et l’administration a à peine essayé de plaider cela. Il s’agit d’une guerre choisie, illégale et inutile, qui met en danger des millions de personnes à travers le Moyen Orient, dont des dizaines de milliers de soldats américains. Cette guerre est malheureusement le point culminant de décennies de politique étrangère militariste, à laquelle Trump avait promis de mettre un terme.
Cela aurait dû être clair qu’il mentait, mais ce n’est plus audible maintenant. C’est aussi le résultat de l’incapacité à imposer des conséquences aux administrations précédentes pour des abus similaires. L’échec à demander des comptes aux présidents passés pour des crimes de guerre et des violations connexes de nos propres lois a contribué à aboutir à ce moment dangereux, avec un président apparemment sans entraves, mettant en danger des millions de vies en toute impunité.
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a réintroduit deux notions clés en politique étrangère : l’imprévisibilité et l’usage unilatéral de la force…
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