« Les Deux Mégots. La vérité sur l’affaire Alessandri », le livre qui dénonce une erreur judiciaire

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Ce livre ne plaira ni aux gendarmes ni aux magistrats. Certains d’entre eux, dont les noms ne sont pas mentionnés mais qui se reconnaîtront aisément, en sortiront blessés, groggy, peut-être même pris de remords. L’auteur, le journaliste Geoffrey Le Guilcher, leur impose un travail de vérité si cinglant que nul ne saurait en sortir indemne. Tout au long de ces 496 pages, il entreprend, documents et témoignages à l’appui, de démontrer l’innocence d’une femme, Edwige Alessandri, condamnée à trois reprises pour le meurtre de son mari, dans la nuit du 16 au 17 juillet 2000, à Pernes-les-Fontaines (Vaucluse).

Depuis plus d’un quart de siècle, Mme Alessandri n’a cessé d’affirmer qu’elle n’était pour rien dans la mort de son époux, tué, selon elle, par des cambrioleurs alors qu’ils se trouvaient dans leur chambre, à l’étage de leur maison. Le juge et les gendarmes chargés des investigations ne l’ont jamais crue, pas plus que le procureur. La lecture du livre Les Deux Mégots. La vérité sur l’affaire Alessandri les incitera-t-elle à changer d’avis ?

C’est à eux, au fond, que s’adresse l’auteur, en soulignant ce qu’il estime être au mieux de l’incompétence et de l’aveuglement, au pire une forme de malhonnêteté dans la conduite des investigations et des interrogatoires. De fait, la question se pose : pourquoi s’être acharné à ce point sur cette « veuve noire », comme divers médias l’ont qualifiée, et indirectement sur ses deux fils, présents le soir du drame ?

Une forme de nausée

Sous la plume de Geoffrey Le Guilcher, cette enquête journalistique d’exception devient pour ainsi dire un acte d’accusation, une démonstration d’une force peu commune, contre les certitudes d’une partie adverse, gendarmes et magistrats, si rétive à examiner d’autres pistes que celle d’Edwige Alessandri.

Aidé par différents intervenants eux aussi convaincus de son innocence, l’auteur s’est plongé durant trois ans dans les tréfonds d’un dossier particulièrement volumineux (7 000 pages, 1 309 pièces « cotées »). Son récit, séquencé en chapitres brefs et incisifs, nous entraîne au plus près des faits et des erreurs, jusqu’à désigner les hommes qui sont, à ses yeux, les véritables coupables, en l’occurrence quatre cambrioleurs.

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