les candidats à un siège permanent au conseil de la paix devront verser plus de 1 milliard de dollars, selon un document obtenu par l’AFP

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Le président américain, Donald Trump, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 14 janvier 2026.

Les Etats qui souhaitent siéger de manière permanente au « conseil de la paix » proposé et présidé par Donald Trump devront s’acquitter de « plus de 1 milliard de dollars en espèces », selon la « charte » obtenue lundi 19 janvier par l’Agence France-Presse (AFP).

« Chaque Etat membre exerce un mandat d’une durée maximale de trois ans à compter de l’entrée en vigueur de la présente charte, renouvelable par le président. Ce mandat de trois ans ne s’applique pas aux Etats membres qui versent plus de 1 milliard de dollars en espèces au conseil de la paix au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la charte », dit le projet, sans plus de précisions.

« Le conseil de la paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits », peut-on également lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. Le texte de huit pages critique d’emblée les « approches et institutions qui ont trop souvent échoué », dans une allusion claire aux Nations unies, et appelle à avoir « le courage » de s’en « écarter ».

Il souligne d’ailleurs « la nécessité d’une organisation de paix internationale plus agile et efficace ». Selon les médias américains, cette structure pourrait devenir un rival potentiel du Conseil de sécurité des Nations unies, l’organe le plus puissant de l’entité mondiale créée au lendemain de la seconde guerre mondiale.

De très vastes pouvoirs pour Donald Trump

Selon le document, Donald Trump sera le « premier président du conseil de la paix », dont les pouvoirs prévus sont très vastes : il est seul habilité à « inviter » d’autres chefs d’Etat et de gouvernement à l’intégrer, il peut révoquer leur participation sauf en cas de « veto par une majorité des deux tiers des Etats membres », et a un droit de regard sur tous les votes.

Selon l’agence américaine Bloomberg, qui a révélé dimanche une version provisoire du document et qui cite une source anonyme proche du dossier, cet argent doit servir à la reconstruction de la bande de Gaza.

Plusieurs pays ont confirmé ces derniers jours avoir reçu une invitation à rejoindre cette organisation. Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, fervent soutien de M. Trump, a d’ores et déjà fait savoir qu’il était partant, a déclaré, dimanche, son ministre des affaires étrangères, Peter Szijjarto, à la radio nationale. Idem pour le chef du Parti communiste vietnamien, To Lam, qui a également répondu favorablement, selon un communiqué du ministère des affaires étrangères vietnamien.

Lundi, le Kremlin a fait savoir que le président russe, Vladimir Poutine, faisait partie des chefs d’Etat et de gouvernement invités. C’est le cas aussi de la France. « En lien avec nos proches partenaires, nous examinons actuellement les dispositions du texte proposé comme fondement de cette nouvelle instance, dont le projet dépasse la seule situation à Gaza », a déclaré le Quai d’Orsay. Ce dernier souligne l’attachement de Paris à la Charte des Nations unies qui « demeure la clé de voûte d’un multilatéralisme efficace, où le droit international, l’égalité souveraine des Etats et le règlement pacifique des différends l’emportent sur l’arbitraire, les rapports de force et la guerre ».

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a aussi été conviée, selon Olof Gill, porte-parole de la Commission. L’Inde, la Jordanie, la Grèce, Chypre et le Pakistan ont également déclaré, dimanche, avoir reçu des invitations, tout comme le Canada, la Turquie, l’Egypte, le Paraguay, l’Argentine ou l’Albanie. La liste complète des pays sollicités par les Etats-Unis n’a pas été rendue publique mais pourrait l’être ces prochains jours lors du Forum économique mondial, qui s’est ouvert lundi, à Davos, en Suisse.

En Israël, l’initiative a été critiquée, lundi, par Bezalel Smotrich (extrême droite), ministre des finances et des colonies, qui a désavoué ce conseil de la paix, le qualifiant d’accord désavantageux pour Israël, et a appelé à sa dissolution. « Il est temps d’expliquer au président [Trump] que son plan est mauvais pour Israël et de l’annuler », a-t-il déclaré lors d’une cérémonie inaugurant une nouvelle colonie en Cisjordanie.

Le Monde avec AFP



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