
Une dose « anormale » de céréulide, toxine produite par la Bacillus cereus, a été retrouvée dans un lait infantile consommé par un nourrisson mort à la fin de décembre à Angers, ont affirmé les avocats de la famille, vendredi 6 mars, sans que le lien avec le décès soit établi.
Selon un communiqué des avocats, le nourrisson avait consommé ce lait infantile de la marque Guigoz « dans les heures précédant son décès brutal ». « Si un taux radicalement anormal de toxine céréulide dans le lot expertisé a ainsi été relevé, reste à établir que cette situation explique médicalement le mécanisme de mort », précisent les avocats Sophie Lodeho et Pascal Rouiller, confirmant une information du Courrier de l’Ouest.
Le procureur d’Angers, Eric Bouillard, n’a pas souhaité commenter cette information, rappelant dans Le Courrier de l’Ouest que « l’enquête [et] des analyses sont toujours en cours ».
Une enquête a été ouverte en décembre pour rechercher les causes du décès d’une petite fille de 27 jours, morte le 23 décembre au domicile de sa mère, avait fait savoir en janvier M. Bouillard. Sa mère avait contacté les enquêteurs en janvier en évoquant une boîte de lait Guigoz qu’elle avait donnée à son bébé, boîte qui « appartenait aux lots rappelés », selon les précisions du procureur à l’époque.
Contrôles aux frontières
L’affaire des laits infantiles dure depuis la mi-décembre. Après un premier rappel par Nestlé de dizaines de lots de laits infantiles dans une soixantaine de pays à cause de la présence potentielle de céréulide, une cascade de rappels similaires a eu lieu dans le monde par des industriels, comme Danone ou Lactalis, mais aussi par des plus petits acteurs.
En France, trois décès ont été signalés parmi des bébés ayant consommé des laits visés par les rappels, ainsi qu’une dizaine d’hospitalisations.
Aucun lien de cause à effet n’a été identifié, mais le céréulide a été repéré dans des échantillons prélevés chez un bébé hospitalisé pour la première fois à la fin de février.
Cinq enquêtes ont été ouvertes le 30 janvier par le pôle santé publique du parquet de Paris, pour mise en danger de la vie d’autrui, en plus de celles en cours sous la direction de parquets locaux.
L’Union européenne (UE) a annoncé, à la fin de février, un renforcement des contrôles aux frontières sur les importations en provenance de Chine de la substance incriminée dans ces affaires, de l’huile riche en acide arachidonique.
Deux agences de l’UE spécialisées dans la sécurité alimentaire et la prévention des maladies avaient alors précisé que sept pays européens, dont la France, la Belgique et le Royaume-Uni, avaient signalé des cas de bébés présentant des symptômes gastro-intestinaux après avoir consommé du lait en poudre.
