La science au chevet des châtaigniers, dévastés par les maladies

| 3,467


Des chercheurs de l’Inrae récoltent un échantillon sur une racine d’un châtaignier pour réaliser un test permettant de déceler la maladie de l’encre (agent pathogène « Phytophthora »), dans la forêt de Montmorency (Val-d’Oise), le 6 juillet 2021.

C’est un arbre iconique. Il porte, gravée sur son grand fût, la mémoire vivante d’une histoire collective. « Le châtaignier, c’est l’abondance : il s’élève dans les airs qu’il semble remplir, il étend au loin la multitude de ses bras dans un cercle immense, il penche jusqu’à terre ses rameaux chargés de fruits… », écrit l’abbé J.-B. Bessou, en 1901, dans Notre-Dame de Chastres.

Une autre époque. Car l’« arbre à pain » de nos ancêtres est un colosse aux pieds d’argile. Depuis plus de cent ans, il est assailli de toutes parts. En Europe comme aux Etats-Unis, son écorce est tuméfiée, ses racines dévorées, ses rameaux défeuillés. Ses agresseurs ? Des êtres minuscules venus d’Asie, introduits au tournant du XXe siècle. Ils exposent le châtaignier d’Europe (Castanea sativa) et son cousin d’Amérique (Castanea dentata) à deux maladies ravageuses, l’encre et le chancre. Aux Etats-Unis, la seconde a quasiment décimé le géant séculaire, qui bâtissait jadis le paysage des grandes forêts de l’Est.

« En Europe comme aux Etats-Unis, les châtaigniers n’ont pas coévolué avec ces agents pathogènes. Ils n’ont donc pas pu forger d’armes de défense, au contraire du châtaignier asiatique », explique Pascal Frey, pathologiste forestier à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et à l’université de Lorraine. Mais la lutte s’organise pour sauvegarder ces forces minées de la nature. En témoigne un article paru, le 12 février, dans la revue Science – nous y reviendrons.

Il vous reste 80.45% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link