

Après une attaque armée des gardes-côtes libyens et cinq jours de quarantaine à bord d’un bateau criblé d’impacts de balles, l’équipage de l’Ocean-Viking a reçu, vendredi 29 août, l’autorisation de toucher terre des autorités italiennes. Du fait d’un cas de tuberculose, 34 membres du personnel étaient confinés à bord, les 87 naufragés secourus ayant pu débarquer au port d’Augusta, en Sicile. SOS Méditerranée, qui opère le navire, avait qualifié la décision de « sans précédent » et d’« arbitraire » car non conforme aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La levée du confinement a été prononcée malgré des tests positifs.
La décision de Rome a été interprétée par les défenseurs des droits des migrants comme punitive et d’autant plus dure qu’elle faisait suite à une agression subie dimanche, à 70 kilomètres des côtes libyennes, quand deux gardes-côtes de Tripoli ont ouvert le feu sans sommation et à hauteur d’homme sur l’Ocean-Viking. L’incident, d’une gravité inédite, dix ans après le développement des activités civiles de secours en mer, fait peser une menace nouvelle sur les ONG qui font face à la politique restrictive du gouvernement italien, menée cet été avec une vigueur renouvelée.
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