
Ils sont psychiatre, ministre ou ancien ministre, policier, gendarme, juriste… réunis le 3 décembre 2025 au ministère de la santé autour d’un impératif : mieux protéger les enfants en situation de handicap des violences sexuelles. Ce colloque, organisé par la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), « c’est l’aboutissement du travail de Marie Rabatel », reconnaît Thierry Baubet, qui était alors un des membres du collège directeur. Au pupitre, cette femme de 50 ans, à la haute stature, en veste rose, chignon serré et lunettes fumées, égrène des noms : Léa, 12 ans, atteinte d’un handicap moteur, Sophia, 8 ans, qui a une trisomie 21 et un retard de langage, Anaïs, 9 ans, aveugle de naissance, Maxime, autiste de 11 ans… tous « invisibilisés » et réduits au silence, alors qu’ils sont « jusqu’à cinq fois plus victimes de violences sexuelles que les enfants sans handicap ».
Elle parle en leur nom, car elle a été l’une d’entre eux. A l’âge de 12 ans, alors qu’elle était chez ses grands-parents, un jeune voisin l’a invitée à le suivre dans sa chambre. Elle l’a suivi sans comprendre ses intentions. N’a pas su dire non quand il l’a touchée. A subi un viol. N’a pas osé en parler car elle avait désobéi. A fait des dessins, qu’elle a montrés à un adulte, qui n’a pas compris et les a jetés. Puis a enfoui ce souvenir très loin dans sa mémoire.
Il vous reste 79.12% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
