
C’est un échange électronique parmi des centaines de milliers d’autres, issu des documents de l’affaire Jeffrey Epstein publiés par le gouvernement américain. « Ai essayé d’appeler… Ai rencontré hier une nouvelle chatte de Russie… Elle va m’envoyer des photos… 22 [ans] pas d’agence… », écrit Ludivine (son prénom a été modifié), une Française, au financier new-yorkais, le 8 janvier 2010. Quatre jours plus tard, elle poursuit : « Notre nouvelle amie est plus intelligente que je ne m’y attendais (…). A l’air d’être une fille sympa… (…) Elle veut gagner de l’argent en faisant du mannequinat et en jouant la comédie (tellement original). »
L’autrice supposée de ces lignes est elle-même une ex-modèle et actrice qui vit aujourd’hui à Paris. A l’époque de ces courriels, Ludivine, qui a entretenu une relation intime avec Epstein, habitait à New York et était mannequin pour MC2, l’agence de Jean-Luc Brunel, le grand ami français du criminel sexuel américain. A-t-elle servi, comme peuvent le laisser penser ces mots de 2010, de rabatteuse pour Epstein, participant au gigantesque trafic sexuel que ce dernier avait mis en place, notamment à Paris, où il possédait un appartement ? Jointe au téléphone par Le Monde, Ludivine affirme que « ces mails sont des faux » et qu’elle a fait l’objet d’un piratage. Avant de raccrocher promptement, gênée.
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