
A dix jours des élections dans le Bade-Wurtemberg, début d’une série de scrutins régionaux à fort enjeu qui jalonneront l’actualité politique allemande d’ici à la fin de l’année, le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) vient de remporter une importante victoire symbolique. Le tribunal administratif de Cologne a confirmé, jeudi 26 février, la suspension de la décision de le classer comme organisation « d’extrême droite avérée », rendue par les services de renseignement le 2 mai 2025. Ceux-ci avaient alors décidé de classer le parti comme « extrémiste » afin de pouvoir disposer de moyens de surveillance accrus, comme la possibilité de procéder à des écoutes et de recruter des informateurs. Au terme de trois années d’enquête, ils avaient indiqué avoir des « certitudes » sur les « aspirations [du parti] contre l’ordre fondamental libéral et démocratique ».
L’AfD avait immédiatement contesté la décision de classification des services de renseignement, logés dans l’Office fédéral pour la protection de la Constitution, et demandé sa suspension le temps que l’enquête au fond soit menée par le tribunal de Cologne. Dans l’attente de cette décision en référé, la classification avait été automatiquement suspendue, si bien qu’elle n’a en réalité jamais été appliquée. Les juges ont donc confirmé cette suspension jeudi, estimant que l’Office fédéral pour la protection de la Constitution n’était « pas autorisé à classer et à traiter l’AfD comme un mouvement d’extrême droite avéré jusqu’à la conclusion de la procédure principale en première instance devant le tribunal administratif de Cologne », selon le communiqué du tribunal.
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