
« Le Maroc brandit son trophée. » La une du journal sénégalais WalfQuotidien, vendredi 20 février, résume à elle seule le ressentiment d’un pays, au lendemain d’une décision de justice jugée précisément… « injuste ». La veille, 18 supporteurs de l’équipe nationale de football du Sénégal ont été condamnés pour « hooliganisme » à des peines allant de trois mois à un an de prison et à de lourdes amendes par le tribunal de première instance de Rabat.
« Les juges marocains ont la main lourde », tranche Le Quotidien, un autre journal dakarois, tandis que le parquet avait requis jusqu’à deux ans de prison ferme contre chacun d’eux. « Ces condamnations sont terribles. L’un d’eux a fait un malaise en entendant le verdict », s’indigne Patrick Kabou, leur avocat, qui n’a eu de cesse de présenter ses clients comme des « otages ».
Ces 18 hommes – membres des groupes de supporteurs du 12e Gaindé et de l’ASC Lebougui – avaient été arrêtés lors des incidents survenus pendant la finale chaotique de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) entre le Sénégal et le Maroc (1-0), le 18 janvier, dans le stade Moulay-Abdellah de Rabat. Peu avant la fin du match, les Lions de l’Atlas avaient obtenu un pénalty après recours à l’assistance vidéo (VAR). Quelques minutes plus tôt, l’arbitre avait annulé un but pour le Sénégal sans que l’action ne soit, cette fois, vérifiée par la VAR.
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