frappes sur le centre de Gaza, crainte d’une « expansion » du conflit

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Outre la bande de Gaza, attaquée principalement dans le centre jeudi 28 décembre, les forces israéliennes ont multiplié dans la nuit les raids dans des grandes villes de Cisjordanie occupée, notamment à Jénine et à Ramallah, où siège l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, selon l’agence officielle WAFA.

L’état-major de l’armée a mis en garde contre l’intensification des tirs le long de la frontière avec le Liban, pays d’où opère le Hezbollah. Ce mouvement fait partie, comme le Hamas palestinien, de « l’axe de la résistance », un regroupement de groupes armés proche de l’Iran et hostiles à Israël.

Près de la frontière libanaise, dans le Golan, territoire annexé par Israël, un drone s’est abîmé dans la nuit de mercredi à jeudi, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) l’armée israélienne, après qu’une nébuleuse de combattants – issus de groupes armés pro-Iran – a revendiqué une attaque sur ce secteur.

D’ailleurs, l’Iran a menacé mercredi Israël « d’actions directes et d’autres menées par le front de la résistance », après la mort lundi, dans une frappe en Syrie, qu’il impute à Israël, de Razi Moussavi, un de ses hauts gradés.

« Expansion des combats dans le Nord »

Et le chef d’état-major de l’armée israélienne, Herzi Halevi, a affirmé que les forces israéliennes « sont dans un état de niveau de préparation très élevé pour une expansion des combats dans le Nord », où les affrontements entre Israël et le Hezbollah sont quasi quotidiens depuis le début des combats à Gaza.

Dans la bande de Gaza, les militaires israéliens ont déclaré poursuivre leurs opérations à Khan Younès, principale ville du Sud, mais aussi dans les camps de réfugiés du centre du territoire.

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Le ministère de la santé de la bande de Gaza, administrée par le Hamas, a fait état de frappes mortelles dans la nuit à Nousseirat et Deir Al-Balah, dans le centre de ce territoire de 2,4 millions d’habitants, parmi lesquels 1,9 million (85 %) ont été déplacés par la guerre. Le ministère gazaoui, dans son dernier bilan, fait état de 21 110 morts dans la bande de Gaza – 6 300 femmes et 8 800 enfants. Côté israélien, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir des derniers chiffres officiels israéliens, l’attaque de commandos du Hamas a fait environ 1 140 morts, la plupart des civils.

Environ 250 personnes ont été enlevées par le Hamas, dont 129 restent détenues à Gaza, selon Israël, qui a déclaré jeudi que trois des 167 soldats morts jusqu’à présent, ont été tués mercredi.

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« Cessez-le-feu durable » ?

A Gaza, la population locale fait face à un « grave danger » avec « la faim et le désespoir » qui s’aggravent, au point où « des personnes affamées ont bloqué notre convoi dans l’espoir de trouver à manger », a alarmé l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Dans un entretien téléphonique avec Benyamin Nétanyahou, Emmanuel Macron a, lui, réitéré sa demande en faveur d’un « cessez-le-feu durable » dans la bande de Gaza, a fait savoir l’Elysée.

L’émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, dont le pays avait mené une médiation ayant permis une trêve à la fin de novembre, s’était entretenu cette semaine avec le président des Etats-Unis, à propos du besoin d’un « cessez-le-feu permanent », et non seulement d’une simple pause dans les combats.

195 personnes ont été tuées en 24 heures à Gaza

Cette trêve avait permis la libération de 105 otages et de 240 prisonniers palestiniens détenus par Israël, ainsi que l’entrée sur le territoire de la bande de Gaza d’un important volume d’aide humanitaire. Mais les efforts des médiateurs, égyptiens et qataris, n’ont pas permis de la renouveler, alors que le bilan s’alourdit à chaque jour.

Selon le ministère de la santé du Hamas, 195 personnes ont été tuées en vingt-quatre heures dans la bande de Gaza par les forces israéliennes. Le ministère a affirmé mercredi que l’armée avait notamment visé une maison voisine de l’hôpital Al-Amal de Khan Younès, faisant 22 morts et 34 blessés.

Tentant d’échapper aux bombardements incessants, des Palestiniens qui avaient trouvé refuge dans une école de l’ONU située dans le camp de Nousseirat (centre), fuyaient mercredi vers le sud en chargeant des matelas, des couvertures, des bagages sur des charrettes, ou sur le toit de leurs voitures.

Le Monde avec AFP

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