
Vingt ans jour pour jour après la mort d’Ilan Halimi, le 13 février 2006, et après la vandalisation de plusieurs arbres lui rendant hommage en France, Emmanuel Macron va planter un chêne vendredi dans les jardins de l’Elysée en mémoire du jeune Français juif torturé à mort par le « gang des barbares », a annoncé mercredi 11 février l’Elysée.
En pleine ascension de l’antisémitisme en France, le président prononcera aussi un discours. Il ne va pas « seulement dresser un constat mais aussi identifier, qualifier les propagateurs et les propagandes qui diffusent au cœur de notre nation le poison antisémite », a relevé un conseiller présidentiel, citant « l’extrême droite comme l’extrême gauche » et les « cercles identitaires comme communautaires ».
En France, 504 actes antisémites ont été recensés entre janvier et mai 2025, soit une hausse de 134 % par rapport à la même période en 2023, alimentés par la guerre déclenchée à Gaza par l’armée israélienne dans la foulée du massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 en Israël.
Le président « dénoncera les accusations infondées dont les propagateurs de haine antisémite, sous toutes formes et en tous lieux, entendent accabler les Juifs français », a aussi noté le conseiller. « Il veut poser les mots qui doivent conduire chacun et chacune, femmes et hommes de bonne volonté, à se lever contre l’antisémitisme d’où qu’il vienne, quelle qu’en soit la forme », et « délivrer un message de solidarité et d’affection envers tous les citoyens juifs de ce pays ».
Quelque 200 invités seront présents, dont la famille d’Ilan Halimi, des représentants d’organisations et des jeunes engagés dans la lutte contre l’antisémitisme. Les autorités judiciaires, dont le premier président et le procureur général près de la Cour de cassation, la directrice de l’Ecole nationale de la magistrature et des représentants de l’ordre des avocats assisteront à la cérémonie.
Hommage face à la recrudescence des actes antisémites
L’arbre, un chêne sessile qui peut vivre mille ans, a été choisi en lien avec la famille pour sa symbolique, « la force, la longévité et la justice », a précisé un autre conseiller. « C’est aussi envoyer un message à tous ceux qui ces derniers mois ont tenté de s’en prendre à la mémoire d’Ilan Halimi en tronçonnant ou en coupant des arbres. Ils peuvent bien tenter de tous les tronçonner, à la fin, il en restera un dans le jardin de la République et sous sa protection », a-t-il souligné.
Un olivier planté dans la banlieue de Lyon a été en partie sectionné en janvier. En août 2025, un arbre avait aussi été abattu à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Deux frères ont été condamnés pour cet acte, l’un à huit mois de prison ferme, l’autre à huit mois de prison avec sursis. Mais le tribunal n’avait pas reconnu le caractère antisémite de leur acte, estimant qu’il n’y avait pas assez d’éléments permettant d’établir qu’ils savaient que ce monument avait été érigé en mémoire d’Ilan Halimi. Le parquet a fait appel.
Ilan Halimi, 23 ans, a été enlevé, séquestré et torturé en janvier 2006 par une vingtaine de personnes qui se faisaient appeler le « gang des barbares », sous la direction de Youssouf Fofana. Découvert le 13 février 2006 nu, bâillonné, menotté et portant des traces de torture et de brûlure, le long d’une voie ferrée à Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l’Essonne, le jeune homme est mort pendant son transfert à l’hôpital.
