des milliers de réfugiés sans statut de résident permanent menacés de détention selon de nouvelles directives de l’administration Trump

| 3,483


Devant des locaux du ministère de la sécurité intérieure (DHS), à Washington, le 13 février 2026.

Des milliers de réfugiés entrés légalement aux Etats-Unis mais dépourvus de statut de résident permanent risquent d’être arrêtés et détenus le temps d’un nouvel examen de leur situation, selon de nouvelles directives du ministère de la sécurité intérieure (DHS) dévoilées cette semaine.

Sont concernés les réfugiés qui n’ont pas engagé de démarches pour obtenir un statut de résident permanent, connu sous le nom de « green card » ou « carte verte », au bout d’un an de présence sur le territoire américain, selon une note du DHS versée, mercredi 18 février, au dossier d’une affaire en cours devant un tribunal du Minnesota. Ils sont désormais susceptibles d’être arrêtés et placés en détention le temps de l’examen de leur situation – un nouveau durcissement de la politique migratoire américaine.

Dans un communiqué, l’International Refugee Assistance Project (IRAP), groupe de défense des droits des réfugiés, a dénoncé « une rupture radicale avec les pratiques antérieures qui pourrait affecter des milliers de réfugiés qui n’ont pas encore obtenu de carte verte ». L’organisation s’inquiète en particulier qu’« aucune limite de temps » ne soit fixée à leur éventuelle détention. Le ministère justifie ce changement par des impératifs de « sécurité nationale » et de « sécurité publique ».

7 500 réfugiés en 2026 contre plus de 100 000 par an sous Biden

Les réfugiés font déjà l’objet d’une vérification approfondie avant d’être admis aux Etats-Unis, mais Donald Trump a pratiquement réduit à néant leur accueil depuis son retour à la Maison Blanche, à l’exception notable des Afrikaners sud-africains, descendants des premiers colons européens qu’il prétend être persécutés. Son administration a plafonné à 7 500 le nombre de réfugiés admis pour l’année fiscale 2026, contre plus de 100 000 par an sous la présidence démocrate de Joe Biden.

Dans le dossier dans lequel est apparue la note du DHS, un juge fédéral avait interdit provisoirement fin janvier à l’administration Trump de placer en détention des réfugiés dépourvus du statut de résident permanent. Il avait estimé que l’administration pouvait faire appliquer la législation migratoire et réexaminer leur statut mais « sans arrêter ni détenir les réfugiés », en rappelant qu’ils avaient déjà « fait l’objet de vérifications rigoureuses de leurs antécédents ».

Cette affaire concerne environ 5 600 réfugiés résidant dans le Minnesota, dont l’agglomération principale, Minneapolis, a été jusqu’à récemment l’épicentre d’opérations très critiquées de la police de l’immigration. « Les réfugiés ont le droit d’être aux Etats-Unis, le droit de travailler, le droit de vivre paisiblement, et surtout le droit de ne pas être exposés à la peur d’être arrêtés et détenus sans mandat ni motif », avait fait valoir le juge dans son ordonnance.

Le Monde avec AFP



Source link