Ce qu’il faut retenir du plan de relance du logement présenté par Sébastien Lecornu

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(De droite à gauche) Le ministre de l’économie et des finances, Roland Lescure, le premier ministre, Sébastien Lecornu, ainsi que le ministre  du logement, Vincent Jeanbrun, à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le 23 janvier 2026.

Lors d’un point presse à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), vendredi 23 janvier, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a présenté le plan de relance pour le logement – secteur en proie à une crise profonde et durable –, le qualifiant comme « un des plans les plus radicaux de ces dix dernières années dans sa philosophie ».

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« Deux millions de logements d’ici à 2030 »

Le premier ministre s’est donné un objectif de construction de « 2 millions de logements d’ici à 2030 », soit « 400 000 par an ». « C’est absolument colossal », a renchéri Sébastien Lecornu. Si le début de l’année laissait « quelques perspectives optimistes », il a surtout rappelé que la moyenne de construction avoisinait les 300 000 logements par an.

« On est sur une accélération prodigieuse qui ne doit pas intervenir dans longtemps », a-t-il dit. Le logement fait partie « des grandes urgences dans le pays » qui « ne pourront pas attendre le grand débat de [la présidentielle] de 2027 ». La question du logement, « comme celle de l’énergie, sont des sujets de grande urgence, de souveraineté », a-t-il rappelé, ajoutant : « Quand le bâtiment va, tout va. »

Lors de son intervention, le premier ministre a présenté plusieurs principes pour ce futur plan. Depuis la crise du Covid-19 et la guerre en Ukraine, a-t-il dit, « nous sommes dans une panne préoccupante dans le secteur du logement ». « Il y a pourtant une forte demande et une population qui ne demande qu’à se loger. La promesse d’avoir un logement participe à la promesse républicaine », a constaté Sébastien Lecornu, invitant à créer une « rupture ».

« Il ne faut pas emmerder les Français », a-t-il déclaré, une manière d’appeler à plus de souplesse pour relancer le secteur, de même qu’il ne faut pas, selon lui, dresser « le social contre le privé et le privé contre le social », ainsi que « le rural et l’urbain ». Le premier ministre entend appliquer au logement la méthodologie « de Notre-Dame et des Jeux olympiques ».

Epargne des Français

Les leviers mobilisés pour y parvenir sont « un soutien financier inédit aux bailleurs sociaux » inscrit dans le budget 2026, « l’épargne des Français pour relancer l’investissement locatif » ainsi qu’« un calendrier d’engagements pour simplifier les projets immobiliers », en s’appuyant sur les élus locaux et les acteurs du secteur.

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Un nouveau dispositif d’investissement locatif, qui pourrait prendre le nom du ministre du logement, Vincent Jeanbrun, en remplacement du dispositif Pinel, a été salué par les professionnels du secteur. Il s’agit d’une version améliorée du « statut du bailleur privé », un avantage fiscal destiné à encourager les particuliers à investir dans un logement pour le louer. Ce dispositif va « permettre de construire près de 50 000 logements en plus par an », selon le ministre du logement, et devrait générer plus de 500 millions d’euros de recettes fiscales.

En plein débat sur le projet de loi de finances (PLF) pour 2026, le premier ministre s’est félicité du plan de relance du logement. « Je ne connais aucun sénateur, aucun député, quelle que soit leur tendance politique, qui n’ait pas de problème de logement dans leur circonscription », a analysé Sébastien Lecornu, invitant, pour conclure, les parlementaires à « trier » les sujets consensuels.

Le Monde avec AFP



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