
C’est le dernier et le plus petit des carrés militaires français du Maroc : quinze tombes de goumiers marocains reposant depuis près d’un siècle à Alnif, commune isolée du Haut-Atlas, à l’est de Marrakech. Les inconnus enterrés là sont morts en 1933, probablement lors des combats de Bougafer, théâtre escarpé dans le djebel Saghro qui vit l’armée française et ses supplétifs locaux – les goumiers – affronter la tribu amazighe des Ait Atta, lors de la campagne dite de « pacification ». A l’issue de cette guerre de près de trente ans (1907-1934), la France fit plier les dernières poches de résistance opposées à ses velléités de conquête sur le Maroc.
Des civils marocains travaillant pour l’armée française seront eux aussi enterrés près de ces goumiers. Tout comme des habitants d’Alnif. Avant que le cimetière et ses 72 sépultures ne soient fermés au début des années 1970, puis abandonnés. Ce n’est qu’en 2011 qu’une association française œuvrant à la mémoire des goums – ces contingents de combattants marocains au service de la France – redécouvre l’endroit et se tourne vers le ministère des armées afin qu’il finance sa réhabilitation.
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