
La vie de Sonia, une habitante du Koweït de 47 ans, a basculé un matin de décembre 2024, quand, sur le réseau social X, elle a découvert que la nationalité koweïtienne, obtenue en 2004 par son mariage avec un citoyen de l’émirat, venait de lui être retirée. « En l’espace d’une nuit, j’ai tout perdu : ma licence de travail, mes cartes d’identité, mon compte bancaire qui a été bloqué et ma ligne de téléphonie mobile qui a été coupée », raconte cette femme, qui s’exprime, de la ville de Koweït, sous un pseudonyme, par crainte de représailles.
Née au Liban de parents libanais, Sonia vit depuis l’âge de un an dans l’émirat où elle dirige un salon de beauté et un commerce de détail. « Je gagne ma vie. Je me suis construite moi-même ici. J’ai toujours respecté les lois et rempli toutes mes obligations civiques », dit cette mère de famille, accablée par la décision des autorités.
Le premier vice-premier ministre et ministre de l’intérieur du Koweït, cheikh Fahad Youssef Saoud Al-Sabah, a annoncé en août 2025 que près de 50 000 Koweïtiens naturalisés – dans un pays de 5 millions d’habitants dont seulement un tiers de nationaux – avaient déjà perdu leur nationalité, car leurs documents auraient été obtenus avec l’aide de « faussaires ». Parmi les victimes de ces mesures tombées comme un couperet figurent des personnalités très connues dans le Golfe, comme l’acteur Dawood Hussain, la chanteuse Nawal El-Kuwaitia, l’influenceuse Noha Nabil ou encore le théologien et coach en management Tareq Al-Suwaidan.
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