Après la restitution du corps du dernier otage israélien, l’amère victoire des familles engagées dans un bras de fer avec Benyamin Nétanyahou

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Ran Gvili était le dernier. Le dernier des 251 personnes kidnappées et prises en otage le 7 octobre 2023. Le policier israélien aurait pu avoir le destin de l’espion Eli Cohen, pendu en 1965 à Damas et dont le corps n’a jamais été rendu. Ou celui du soldat Ron Arad, capturé au Sud-Liban en 1986, et porté disparu depuis. Mais, le 26 janvier à 15 heures, huit cent quarante-trois jours après l’attaque terroriste menée par le Hamas, l’armée israélienne annonce avoir récupéré sa dépouille dans l’est de la ville de Gaza. Le communiqué du Forum des familles d’otages et de disparus conclut sobrement : « La bataille pour le retour des otages a pris fin. »

Ce fut un combat long, âpre, souvent décourageant pour les proches des captifs du mouvement islamiste palestinien. Ils ont dû imposer la libération des otages à un gouvernement qui privilégiait le bombardement à outrance de la bande de Gaza. A tel point que deux visions d’Israël se sont affrontées au sein d’une société bouleversée : celle d’un peuple qui voulait sauver les siens et celle d’un pays qui voulait en écraser un autre.

Tout a commencé dans les heures qui ont suivi le 7-Octobre. Israël est sous le choc. A l’aube, en quelques heures, le Hamas déclenche un assaut sans précédent contre Israël, provoquant la mort de plus de 1 200 personnes. Le pays est en guerre, juge alors le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, qui annonce, dans une deuxième déclaration, qu’il faudra « faire payer un immense prix à l’ennemi ». Les enlèvements massifs commis par les combattants du Hamas ne sont mentionnés que dans une troisième déclaration, tard dans la nuit : « Nous prions tous pour le bien-être des blessés et de tous ceux qui sont pris en otage. »

« Le gouvernement était aux abonnés absents »

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