
En Ouganda, la répression politique orchestrée par un régime solidement arrimé au pouvoir depuis 40 ans ne s’est pas arrêtée avec la (septième) victoire, écrasante et programmée, de Yoweri Museveni à la présidentielle du 15 janvier. Depuis, plusieurs dizaines de contestataires ont été tués. Des centaines d’autres croupissent en prison. Le sort réservé aux deux principales figures de l’opposition, Robert Kyagulanyi alias « Bobi Wine » et Kizza Besigye, illustre ce climat d’étouffement démocratique et la polyvalence de l’appareil coercitif.
Le premier vit caché depuis un mois, fuyant la traque des services de sécurité lancés à ses trousses par Muhoozi Kainerugaba, chef d’état-major des armées et successeur putatif de son père président. Le second attend dans sa cellule son procès devant une juridiction taillée sur mesure laissant mal augurer un procès équitable.
Accusé de haute trahison sur la base de faits qu’il conteste, Kizza Besigye sera en effet jugé par des militaires réunis en cour martiale. Et non par un tribunal civil comme le recommandait pourtant un arrêt de la Cour suprême rendu en janvier 2025. Depuis, le Parlement, qui n’est qu’une chambre suivant les consignes présidentielles, a passé une loi permettant, à nouveau, aux cours militaires de juger des civils accusés de faits menaçant la sécurité de l’Etat. Mercredi 11 février, les avocats de l’opposant ont contesté officiellement la constitutionnalité de cette loi sans guère d’espoir d’être entendu.
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