ancrer dans un lieu de mémoire la vérité sur les exactions de la dictature argentine

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Le sous-sol de l’ESMA, en 2008. C’était le premier endroit où les détenus étaient admis, à leur arrivée, pour un interrogatoire sous la torture. C’était aussi le dernier endroit où ils passaient avant d’être tués

« Crimes contre l’humanité à l’ESMA. Anatomie d’un centre de détention clandestin en Argentine (1976-1983) » (ESMA. Represion y poder en el centro clandestino de detencion mas emblematico de la ultima dictadura argentina), sous la direction de Claudia Feld et Marina Franco, traduit de l’espagnol (Argentine) par Alice Beriot, Anamosa, 304 p., 22 €, numérique 16 €.

L’historienne Claudia Feld se souvient précisément du jour où elle est entrée dans l’immeuble de l’ESMA (Escuela de mecanica de la armada, « école de mécanique de la marine »), dont la dictature militaire argentine (1976-1983) avait fait son plus important lieu de torture et de détention. « C’était en 2007, lors de sa première ouverture partielle au public, confie-t-elle au “Monde des livres”. J’avais beau avoir lu beaucoup de témoignages, cela m’a choquée de voir les traces de la violence. Les escaliers étaient marqués, avec des éraflures, par les chaînes des prisonniers qui descendaient vers le sous-sol pour y être tués. »

Au cœur de la capitale, Buenos Aires, un discret bâtiment au sein d’un vaste campus arboré abrita en effet les pires pratiques répressives à l’encontre des personnes ciblées par la junte au pouvoir, principalement dans les mouvances de gauche et le monde étudiant. C’est l’histoire complète de ce lieu que l’on peut aujourd’hui découvrir, en traduction française, dans Crimes contre l’humanité à l’ESMA, que Claudia Feld a dirigé avec sa collègue Marina Franco.

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