
Milieu corse en toile de fond, trahisons politiques, enveloppes de cash, mise en coupe réglée d’une société publique de gestion portuaire… A dix jours du premier tour des municipales, trois ans de prison avec sursis, une amende de 50 000 euros, cinq ans d’inéligibilité et d’exercer une fonction publique avec exécution provisoire ont été requis, jeudi 5 mars, contre Yves Juhel, le maire Les Républicains de Menton (Alpes-Maritimes) pour détournement de fonds publics.
Agé de 80 ans, celui qui occupe ce poste depuis 2021 à la suite du décès de son prédécesseur puis d’une élection partielle début 2022, ne se représente pas. Le procès de sept prévenus qui s’est ouvert mardi 3 mars devant la chambre économique et financière de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille est l’occasion d’un déballage de pratiques de corruption, de blanchiment et d’enrichissement personnel.
Si le maire est « le centre névralgique du dossier », comme l’a souligné le procureur Mathieu Bertola, le premier rôle est tenu par Mathieu Messina, un homme d’affaires corse aux multiples activités, commerciales – il possède trois supérettes à Nice et Juan-les-Pins – et de promotion immobilière. Yves Juhel avait fait son adjoint au tourisme de cet ancien responsable d’un syndicat patronal hôtelier, puis son fidèle directeur de campagne pour remporter l’élection de février 2022 avant de le nommer adjoint aux finances mais surtout PDG de la Société publique locale (SPL) des ports de Menton.
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