
Le vice-président américain J. D. Vance a confirmé, jeudi 22 janvier, que les autorités fédérales détenaient un garçon de 5 ans après une opération de la police de l’immigration (ICE) à Minneapolis. L’ICE mène depuis plusieurs semaines une opération d’envergure dans l’Etat du Minnesota, où la mort de Renee Good, une Américaine de 37 ans tuée dans sa voiture par un agent le 7 janvier, a cristallisé les tensions.
Accusé par l’opposition démocrate d’avoir mis de l’huile sur le feu en prenant la défense du policier de l’immigration auteur du tir mortel, J. D. Vance s’est rendu à Minneapolis pour rencontrer des agents de l’ICE et « faire baisser la température », a-t-il dit lors d’une conférence de presse. « Oui, vous pouvez manifester », a-t-il lancé à l’adresse des habitants de la ville qui protestent quotidiennement, « mais faites-le pacifiquement ».
Alors que la tension est encore palpable à Minneapolis, où une journée de deuil est organisée vendredi à la mémoire de Renee Good, des médias américains ont publié mercredi et jeudi la photo d’un petit garçon, emmené, selon eux, dans un centre de rétention au Texas par l’ICE. Il apparaît, la mine déconfite, coiffé d’un bonnet bleu orné de deux oreilles de lapin, portant un sac à dos tenu par une silhouette vêtue de noir. Le cliché a été partagé en masse sur les réseaux sociaux.
M. Vance a confirmé que l’enfant, âgé de 5 ans, avait été pris en charge par l’ICE après que son père, qu’il a présenté comme un immigrant clandestin, a pris, selon lui, la fuite pour ne pas être appréhendé par les agents. « Je me suis dit : “Oh mon Dieu, c’est terrible. Comment avons-nous pu arrêter un enfant de 5 ans ?” », a déclaré M. Vance, qui a dit avoir ensuite changé d’avis quant à la mesure prise par l’ICE. « Que devaient-ils faire d’autre ? Laisser un enfant de 5 ans mourir de froid ? », a-t-il interrogé.
Le vice-président américain a renvoyé la responsabilité des violences lors des opérations de l’ICE à l’absence de coopération de la police locale au Minnesota, un des Etats démocrates ciblés par l’offensive anti-immigration du président Donald Trump. « Nous pouvons très bien faire appliquer les lois sur l’immigration sans provoquer le chaos, mais cela nécessite réellement la coopération des autorités étatiques et locales », a-t-il soutenu, déplorant notamment que les agents fédéraux ne soient pas « protégés ».
Trois manifestants arrêtés
Dimanche, des manifestants ont perturbé le service dans une église de la capitale de l’Etat, Saint-Paul, dans laquelle ils pensaient que le directeur adjoint du bureau local de l’ICE exerçait la fonction de pasteur.
Jeudi, la ministre américaine de la sécurité intérieure, Kristi Noem, et le directeur du FBI, Kash Patel, ont posté sur X des images des arrestations de trois d’entre eux, une avocate spécialisée dans les droits civiques, Nekima Levy Armstrong, ainsi que deux autres personnes, une femme et un homme. Tous sont accusés d’« entrave aux droits » des fidèles, en réunion, pour avoir tenté de les « empêcher de pratiquer leur religion », écrit Mme Noem.
Dans une interview à la chaîne CNN mercredi, Nekima Levy Armstrong avait accusé l’administration Trump de tenter « de transformer une manifestation pacifique et non violente en crime ». En se basant sur des vidéos, les manifestants et les élus démocrates contestent la thèse officielle selon laquelle le policier qui a tué Renee Good était en état de légitime défense.
« Bien sûr, nous enquêtons sur les tirs ayant visé Renee Good », mais « d’une manière qui respecte les droits des gens », a déclaré M. Vance, ajoutant que, « si quelqu’un a fait quelque chose de répréhensible, oui, il fera face à des sanctions disciplinaires ». Le 8 janvier, il avait assuré que le policier de l’immigration qui a abattu Renee Good « bénéficiait d’une immunité absolue ». L’Etat du Minnesota a demandé à la justice fédérale la suspension de l’opération de l’ICE. Une audience à ce sujet est prévue lundi.
