
Des frappes aériennes israéliennes ont fait 12 morts et 49 blessés, samedi 31 janvier, dans la bande de Gaza, a fait savoir le ministère de la santé, administré par le Hamas. Ces attaques figurent parmi les plus meurtrières depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 10 octobre, instauré sous l’impulsion des Etats-Unis. Israël et le mouvement islamiste palestinien s’accusent mutuellement de violer cette trêve fragile dans le territoire palestinien.
Le directeur général du ministère de la santé, Mounir Albourche, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) que ces personnes avaient été tuées ou blessées « à la suite de frappes menées par l’occupation [Israël] visant des civils dans une tente et un appartement ». Israël « poursuit ses graves violations de l’accord de cessez-le-feu dans un contexte de grave pénurie de fournitures médicales, de médicaments et d’équipements médicaux », a-t-il ajouté.
Les blessés ont été admis à l’hôpital de la ville de Gaza (nord du territoire) ainsi qu’à Khan Younès (sud de l’enclave), où se trouve un camp de déplacés. L’hôpital Al-Shifa a fait savoir que la frappe à Gaza avait tué trois enfants, leur tante et leur grand-mère, samedi matin.
Dans un communiqué séparé, le bureau de presse du gouvernement du Hamas a précisé que la frappe contre une tente abritant des déplacés avait tué sept membres d’une même famille, dont un enfant et une personne âgée. Selon l’hôpital Nasser, la frappe sur le camp de tentes a provoqué un incendie, qui a causé la mort d’un père, de ses trois enfants et trois de ses petits-enfants.
La quasi-totalité des habitants de la bande de Gaza ont été déplacés au moins une fois pendant les plus de deux ans de guerre, et des centaines de milliers de personnes vivent encore dans des tentes ou dans des abris de fortune.
509 Palestiniens tués depuis le début du cessez-le-feu
Ces frappes surviennent la veille de l’ouverture prévue du point de passage de Rafah, à la frontière avec l’Egypte, dans la ville la plus méridionale de Gaza. Tous les points de passage frontaliers du territoire sont fermés depuis le début de la guerre.
L’ouverture de Rafah, d’abord limitée, marque la première étape majeure de la deuxième phase du cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis. Les Palestiniens considèrent le passage de Rafah comme une bouée de sauvetage pour des dizaines de milliers de personnes ayant besoin de soins médicaux à l’extérieur du territoire, où la majorité des infrastructures de santé a été détruite.
Selon le gouvernement du Hamas, 509 personnes ont été tuées par des tirs ou des bombardements israéliens depuis le début du cessez-le-feu. Depuis cette trêve, 1 405 personnes ont été blessées, précise le ministère de la santé.
La guerre dans la bande de Gaza a été déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël. Cette attaque a entraîné la mort de 1 221 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles. Au moins 71 769 Palestiniens ont été tués dans le petit territoire côtier par la campagne militaire israélienne de représailles, d’après le ministère de la santé.
