
Vendredi 15 mars 2024, 15 heures. L’alarme attentat retentit brusquement dans le collège Edouard-Herriot de Chenôve (Côte-d’Or), dans la banlieue de Dijon. Un élève de 3e vient de brandir un couteau dans le bureau de la principale de l’établissement, la menaçant d’un : « Je vais te buter. » Sur la lettre qu’il lui tend est inscrit : « Si vous lisez ce message, c’est qu’il y a une prise d’otages dans une de vos salles. Je ne fais ça pour aucune raison. Ah si, c’est pour mes frères qui sont morts le 18 novembre 2015 [date de l’assaut policier à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, après les attentats du 13-Novembre]. Madame la principale, veuillez déclencher l’alarme attentat et évacuer tous les élèves. »
La principale du collège hurle et parvient à s’enfuir de son bureau après avoir déclenché l’alarme. L’adolescent, lui, se dirige vers une salle de classe bien précise. Sa professeure d’anglais y est tapie avec ses élèves et fixe la porte qu’elle vient de barricader, sur laquelle des coups s’abattent violemment. « On est dans la pénombre. Je leur avais dit “pas un bruit, ce n’est pas un exercice”, donc les élèves sont extrêmement calmes, raconte-t-elle aux policiers deux heures plus tard. Je vois trois jeunes filles la main sur la bouche, elles pleurent. On ne respire plus. A chaque coup je me disais, la porte va tomber. » Les policiers pénètrent dans l’établissement quelques minutes plus tard et maîtrisent le collégien de 15 ans, alors qu’il est en train de poursuivre un agent de maintenance, une lame de 23 centimètres à la main.
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