
D’après des informations transmises, jeudi 5 mars, à l’Agence France-Presse par une source médicale locale, une frappe de drone a touché la ville soudanaise d’Al-Mojlad dans la journée de mercredi, faisant au moins 18 morts. Située dans le sud du pays, la zone est contrôlée par les paramilitaires soudanais, les Forces de soutien rapide (FSR), engagés depuis près de trois ans dans une guerre contre l’armée régulière. C’est cette dernière qui a lancé l’attaque, toujours selon cette même source.
Mercredi, les FSR, dirigées par le général Mohammed Hamdan Daglo, avaient déjà accusé l’armée du pays d’avoir attaqué le marché de la ville, faisant « des dizaines de morts et de blessés parmi les civils ».
Al-Mojlad se situe dans l’Etat du Kordofan occidental, proche de la frontière avec le Soudan du Sud, où se trouve la ville de Babanousa, dernier bastion régional de l’armée, pris en novembre par les FSR. La région, riche en or et en pétrole, est aussi un carrefour stratégique pour le contrôle du pays. Elle est devenue ces derniers mois l’épicentre du conflit qui ravage le Soudan, depuis avril 2023.
Cette guerre a tué plusieurs dizaines de milliers de personnes et en a déraciné 11 millions, provoquant ce que les Nations unies qualifient de « pire crise humanitaire au monde ». L’institution intergouvernementale dénonce depuis plusieurs mois les frappes des deux camps sur des zones peuplées, mais les appels à la trêve sont restés sans effet jusqu’à présent, alors que les forces en présence s’équipent d’armes de plus en plus sophistiquées.
