
Le discours avait des airs d’adieu. La gorge nouée par l’émotion, face à un Hémicycle religieusement silencieux, Olivier Falorni a tenu à remercier ses collègues « du fond du cœur ». Ils lui ont répondu par une longue et chaleureuse ovation, comme si l’ultime bataille venait d’être livrée. Quelques minutes plus tôt, mercredi 25 février, l’Assemblée nationale adoptait à nouveau sa proposition de loi visant à créer un droit à l’aide à mourir en deuxième lecture, après avoir aussi validé (à l’unanimité) le développement des soins palliatifs. Elle doit désormais poursuivre son parcours législatif au Sénat.
« Ce vote vient conforter notre texte. C’est un moment majeur et décisif vers l’adoption définitive de cette proposition de loi », a salué le député du groupe MoDem, fervent défenseur du texte, dont il est rapporteur depuis plusieurs années. M. Falorni pourrait bien laisser sa place pour la suite du processus législatif si jamais il est élu à La Rochelle aux élections municipales du 15 et 22 mars.
Malgré tout, la victoire était en demi-teinte. Certes, la forte majorité en faveur du texte est toujours là, mais elle s’est réduite. 299 députés ont voté pour son adoption contre 226 (et 37 abstentions). Le 27 mai 2025, en première lecture, ils étaient 305 pour, 199 contre et 57 abstentions. Comme au printemps dernier, les groupes de gauche ont très majoritairement approuvé le texte, tout comme les élus Renaissance et MoDem, mais de façon moins nette. Les députés Horizons s’y sont plutôt opposés tandis que la droite et l’extrême droite l’ont largement rejeté, bien que la liberté de vote ait divisé quasiment tous les camps.
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