
Le gouvernement allemand a annoncé la convocation jeudi 26 février des dirigeants de la société mère de la Berlinale, après une cérémonie de clôture marquée par le discours du réalisateur syro-palestinien, Abdallah Al-Khatib, accusant l’Allemagne d’être « complice » de « génocide » envers les Palestiniens, par le biais de son soutien à Israël.
Interrogé par l’Agence France-Presse (AFP), le ministère de la culture a affirmé mercredi 25 février que la « réunion extraordinaire du conseil de surveillance de la KBB » se tiendrait « à l’initiative du ministre [de la culture] Wolfram Weimer » qui le préside.
Interrogé lors d’une conférence de presse régulière du gouvernement, un porte-parole de ce dernier a évoqué une réunion sur « l’orientation future » du festival, dirigé par Tricia Tuttle. Le ministère a refusé de « commenter davantage les autres spéculations ».
Une deuxième édition tourmentée
Tricia Tuttle, 56 ans, a vécu une deuxième édition tourmentée à la tête de la Berlinale, traversée par un débat sur le positionnement politique ou non des cinéastes, avec le conflit au Proche-Orient en toile de fond.
Plus de 80 professionnels du cinéma, dont Javier Bardem et Tilda Swinton, ont critiqué dans une lettre ouverte le « silence » de la Berlinale sur la guerre à Gaza, accusant le festival de censurer les artistes « qui rejettent le génocide » commis selon eux par Israël à Gaza. Tricia Tuttle a démenti ses accusations.
Récompensé samedi soir pour son film Chronicles From the Siege, le réalisateur syro-palestinien Abdallah Al-Khatib a accusé le gouvernement allemand d’être « complice du génocide commis à Gaza par Israël ». Seul représentant du gouvernement présent à la remise des prix, le ministre social-démocrate de l’environnement, Carsten Schneider, a alors quitté la salle. Contacté par l’AFP pour connaître le motif de l’absence de Wolfram Weimer à la cérémonie de clôture, le ministère de la culture n’a pas répondu.
Outre ce discours, le ministre Weimer reprocherait aussi à Mme Tuttle d’avoir posé sur une photo avec l’équipe du film, entourée par plusieurs hommes habillés de keffieh et brandissant un drapeau palestinien.
