Accusé de racisme envers Vinicius, Gianluca Prestianni, « suspendu provisoirement » par l’UEFA pour le barrage retour de la Ligue des champions

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Le joueur du Benfica Lisbonne Gianluca Prestianni dissimule sa bouche alors qu’il s’adresse à Vinicius, lors du match de Ligue des champions face au Real Madrid, le 17 février 2025 à Lisbonne.

L’Union européenne des associations de football (UEFA) n’a pas attendu les conclusions de son enquête pour agir. L’instance qui régit le football continental a annoncé, lundi 23 février, avoir « suspendu provisoirement » Gianluca Prestianni, le joueur argentin du Benfica Lisbonne accusé de racisme par des joueurs du Real Madrid lors du barrage aller de Ligue des champions. Les deux équipes se disputent une place en huitièmes de finale de la compétition européenne, mercredi au stade Santiago-Bernabeu de Madrid. Sans le milieu de terrain argentin du club lisboète, donc.

Si elle a confié l’enquête à un inspecteur spécialiste des questions d’éthique et de discipline, l’organe de discipline et d’éthique de l’UEFA précise, dans un communiqué, avoir « décidé aujourd’hui de suspendre M. Gianluca Prestianni », pour « comportement discriminatoire », en raison des « éléments disponibles ».

Les deux équipes, qui s’étaient déjà affrontées lors de l’ultime rencontre de la phase de ligue de la compétition continentale – avec un but improbable du… gardien de Benfica, d’Anatoliy Trubin, à l’ultime seconde –, ont disputé le barrage aller, mardi 17 février à Lisbonne. Remportée (0-1) par le Real Madrid, la partie a été interrompue une dizaine de minutes après que Vinicius Junior s’est plaint auprès de l’arbitre d’avoir été traité de « singe » par l’Argentin – qui a masqué sa bouche de son maillot. Unique buteur de la rencontre, l’attaquant brésilien avait célébré son but en chambrant le public, s’attirant l’ire des joueurs adverses et déclenchant une vive discussion.

Benfica annonce son intention de faire appel

L’arbitre français de la rencontre, François Letexier, a alors interrompu la partie, activant le protocole antiracisme prévu par le règlement. Avant de faire reprendre le jeu, dix minutes plus tard. A chaud, la star madrilène Kylian Mbappé, avait estimé que Prestianni ne « méritait pas de disputer la Ligue des champions », exhortant l’UEFA, souvent à l’initiative de campagnes antiracisme, à « prendre des décisions, avec calme », après ce « cas grave ».

Dès le lendemain, l’instance européenne annonçait l’ouverture d’une enquête, alors que Gianluca Prestianni réfutait, sur son compte Instagram, tout propos raciste, arguant que le Madrilène avait « malheureusement mal interprété ce qu’il a cru entendre ». De son côté, l’Autorité portugaise pour la prévention et la lutte contre la violence dans le sport a également ouvert « une procédure de sanction administrative afin d’établir les faits ». Qui risquent d’être ardus à déterminer, entre le vacarme ambiant du stade et le maillot dissimulant le bas du visage de l’Argentin.

Lundi, le Benfica Lisbonne a réagi immédiatement à la décision de l’UEFA, exprimant « regretter d’être privé [de son] joueur alors que la procédure est encore en cours d’instruction ». Tout en assurant de son « engagement indéfectible dans la lutte contre toute forme de racisme ou de discrimination ». Le club portugais « fera appel de cette décision (…), même si les délais en question auront difficilement un quelconque effet pratique pour le match retour du barrage de la Ligue des champions », précise-t-il dans un communiqué. La rencontre étant programmée mercredi, à 21 heures.

Le règlement disciplinaire de l’UEFA dispose que toute personne qui « porte atteinte à la dignité humaine pour quelque motif que ce soit, y compris la couleur de peau, la race, la religion, l’origine ethnique, le sexe ou l’orientation sexuelle » encourt « une suspension d’au moins dix matchs ou pour une durée déterminée, ou de toute autre sanction appropriée ».



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