
A un moment politiquement délicat du conflit, alors que de difficiles négociations ont lieu, le général Oleksandr Syrsky reste fidèle à sa ligne de conduite : pas un mot de politique ni de diplomatie. Son affaire est le champ de bataille, dont il connaît chaque recoin. Le commandant en chef de l’armée ukrainienne, 60 ans, « général le plus expérimenté d’Ukraine », tel que le président Volodymyr Zelensky le présentait en lui confiant les rênes de l’armée, peut parler durant des heures de planification militaire et de combats, village par village, kilomètre par kilomètre.
En dressant pour Le Monde un bilan du champ de bataille, lors d’une rencontre, en février, à Kiev, le général Syrsky admet « une période extrêmement difficile pour [son] Etat, pour [son] peuple », tout en revendiquant une « période de lutte incroyable [des] forces armées [ukrainiennes] ». Face à l’« armée la plus grande, la plus puissante d’Europe » et à une « guerre qui dépasse toutes les échelles imaginables et inimaginables », il pense faire la démonstration de la « résilience des forces armées ».
Evoquant l’année 2025, le général Syrsky estime que la situation militaire aurait pu être nettement pire. Il ne conteste pas les difficultés sur les fronts, mais affirme que les objectifs russes étaient bien plus ambitieux. Le général avait eu la même attitude en dressant le bilan de l’année 2024, qui aurait pu être, selon lui, plus dévastatrice pour l’Ukraine s’il n’avait pas mené l’audacieuse opération « Koursk » sur le sol de la Russie.
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