« On commercialise des médicaments dont les bénéfices n’ont pas été démontrés »

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Jonathan Kimmelman, professeur d’éthique biomédicale à l’université McGill à Montréal, le 25 octobre 2016.

Américain naturalisé canadien, Jonathan Kimmelman, professeur d’éthique biomédicale à l’université McGill à Montréal, dirige un groupe de recherche sur la dynamique éthique, politique et scientifique du développement des nouveaux médicaments. Rédacteur en chef adjoint de la revue Clinical Trials, il a alerté dans plusieurs tribunes publiées dans les revues Science, Nature et JAMA sur des déficiences dans le système d’évaluation des médicaments, en particulier au niveau de la mise en œuvre des politiques d’autorisation de la mise sur le marché précoce de traitements dont l’intérêt n’a pas encore été démontré. Il considère qu’il est impératif de préserver la médecine fondée sur les preuves.

Selon vous, les mises sur le marché précoces des médicaments ne satisfont pas pleinement les attentes des patients. Pourquoi ?

Au cours des dernières décennies, la Food and Drug Administration [aux Etats-Unis] et l’Agence européenne des médicaments ont mis en place différents parcours réglementaires d’évaluation destinés à rendre les médicaments prometteurs accessibles le plus tôt possible aux patients dont la vie est en jeu. Ce mouvement a débuté dans les années 1980 sous l’impulsion des associations de patients atteints par le VIH. Il s’est depuis étendu aux maladies rares et à l’oncologie. Les traitements concernés sont autorisés sur la base de résultats préliminaires de tolérance et d’efficacité obtenus lors d’essais cliniques de phase 2 ou lors d’une étape intermédiaire de la phase 3, en utilisant des critères d’efficacité biologiques, et non cliniques (comme la durée de survie).

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