
Mardi 3 février, Jack Lang est encore maître en son royaume. Il reçoit Le Monde, assis dans le canapé de son bureau aux parois de verre, au huitième étage de l’Institut du monde arabe (IMA), où il se rend chaque jour à pied de la place des Vosges, juste de l’autre côté de la Seine, depuis plus de treize ans.
L’ancien ministre de la culture de François Mitterrand bondit de surprise lorsqu’on lui demande s’il compte démissionner (« Qu’ai-je fait de répréhensible ? Quelle opération de justice est engagée contre moi ? C’est absurde »). La veille, Mediapart a révélé les « liens financiers » entre les Lang (l’ex-ministre et sa fille Caroline) et le pédocriminel américain Jeffrey Epstein, homme d’affaires au réseau tentaculaire, mort en détention en août 2019.
Dans la masse de courriels publiés le 30 janvier par la justice américaine, la relation entre les Lang et Epstein apparaît tissée de cadeaux et de services rendus durant sept ans, jusqu’à l’arrestation du prédateur sexuel, en 2019. Ironiquement, Jack Lang ne manie pas les e-mails, que son entourage lui imprime pour qu’il les annote. « Il n’a pas d’ordinateur, il n’a jamais écrit un seul mail de sa main », confirme son équipe à l’IMA. Il voyage dans le monde entier, mais ne parle pas non plus très bien l’anglais.
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