
Entre Hippolyte et Atalante, c’est une histoire qui dure maintenant depuis plus de huit mois. Handicapé de naissance, Hippolyte est atteint de tétraparésie, une maladie génétique rare qui diminue la capacité de contraction de ses muscles. Avec son look urbain, jean, baskets et sweat-shirt, le jeune homme de 26 ans (qui n’a pas souhaité donner son nom de famille) se déplace habituellement à l’aide d’un fauteuil électrique. Mais cet après-midi de janvier, lors de sa séance de kiné hebdomadaire, avec sa thérapeute, il se tient debout et marche, installé dans l’exosquelette Atalante.
Avec les jambes et le bassin attachés, le dos calé dans la machine, sa démarche est certes un peu robotique mais bien réelle. Il avance, recule, fait même des pas chassés sur le côté ou des squats vers le sol. « Atalante me permet de travailler mon équilibre et de calmer les mouvements involontaires de mes muscles, articule Hippolyte avec difficulté, mais avec le sourire. Je retrouve un peu plus d’endurance. Je respire mieux aussi grâce à la position debout. » En une heure de séance, Hippolyte va faire 1 038 pas et 38 squats, le tout enregistré sur le logiciel de l’exosquelette.
La séance ne se déroule pas dans un cabinet médical ordinaire, mais dans la salle d’entraînement de la société française Wandercraft, installée dans un immeuble bourgeois du centre de Paris, à quelques pas de l’Hôtel de ville. Sur deux étages de 1 000 mètres carrés, l’entreprise et ses 140 salariés développent des exosquelettes médicaux et des robots industriels. Les ordinateurs où se conçoivent les algorithmes, en lien avec Mistral AI, le spécialiste français de l’intelligence artificielle (IA), voisinent avec l’atelier où sont testés les engins. En pleine ascension, la société prévoit de déménager à l’été 2026, dans le 13ᵉ arrondissement de Paris, dans un ancien bâtiment de La Poste quatre fois plus grand. Elle a également ouvert une antenne à New York depuis 2022, sur la prestigieuse Park Avenue, pour conquérir le marché américain.
Il vous reste 80.58% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
