Plus de 2 000 victimes potentielles dans une vaste fraude aux cotisations sociales, un préjudice estimé à plus de 4 millions d’euros

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Sur le site Internet de l’Urssaf.

Près de 2 000 salariés ont été potentiellement victimes d’une vaste fraude aux cotisations sociales organisée par des sociétés de travail temporaire, qui n’auraient pas acquitté plus de 8,9 millions d’euros de charges, a révélé la gendarmerie nationale, mercredi 4 décembre.

Quatre personnes ont été mises en examen, à la fin de janvier, et l’une d’elles a été placée en détention provisoire, à la suite de l’interpellation, le 27 janvier, de sept personnes dans l’Oise, le Var et les Bouches-du-Rhône, selon un communiqué de la gendarmerie. Près de 400 000 euros d’avoir criminels ont été saisis, dont des biens immobiliers, des véhicules et de l’argent liquide. Des armes ont également été découvertes lors des perquisitions.

Cette affaire tentaculaire a commencé, au début de 2025, lorsque des salariés d’une entreprise de travail temporaire d’Amiens effectuant des démarches auprès de la Caisse d’allocations familiales découvrent qu’ils ne sont pas déclarés.

L’Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (Urssaf) constate alors qu’aucune déclaration sociale n’a été effectuée pour près de 1 000 salariés rémunérés par cette société amiénoise, pour un préjudice estimé à 4,3 millions d’euros entre juillet 2024 et mars 2025, selon la gendarmerie nationale.

Les investigations se poursuivent

L’Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI) est saisi en avril 2025. Les premières investigations identifient deux hommes résidant à Beauvais qui démarchent des entreprises « dans la restauration et les travaux publics », selon une source proche du dossier interrogée par l’Agence France-Presse (AFP).

Ils sont soupçonnés d’avoir proposé à ces entreprises d’« échapper au paiement des cotisations sociales », selon le communiqué de la gendarmerie. Les salariés étaient transférés dans des sociétés de travail temporaire « frauduleuses », tout en restant à leur poste. Leurs employeurs les rémunéraient sous forme de prestations par l’intermédiaire de ces sociétés de travail temporaire, mais ces dernières ne déclaraient pas auprès de l’Urssaf les salaires versés, détaille la gendarmerie.

Les salariés avaient « l’illusion d’être déclarés, de faux bulletins de salaire leur étant remis », précise la gendarmerie. « Les sommes détournées étaient investies dans l’immobilier à l’étranger, notamment en Thaïlande et au Maroc », selon la même source.

Une information judiciaire a été ouverte, au début de janvier, sous l’autorité du parquet de Beauvais, et les gendarmes de l’Oise et le groupe interministériel de recherches (GIR) d’Amiens ont aussi été saisis. Les enquêteurs ont découvert d’autres sociétés susceptibles d’avoir commis des faits similaires, dirigées par l’un des principaux suspects. Des complices présumés, chargés de la création et de la gestion d’entreprises, ont été identifiés dans le Var.

« Au total, près de 2 000 salariés auraient été abusés, pour plus de 8,9 millions d’euros de charges éludées », selon la gendarmerie nationale, ajoutant que les investigations se poursuivent pour établir précisément l’ampleur de la fraude. Le parquet de Beauvais n’a pas répondu dans l’immédiat aux sollicitations de l’AFP.

Les entreprises ayant eu recours aux services de la société frauduleuse d’Amiens s’exposent par ailleurs à des poursuites pénales ainsi qu’à de « lourds redressements de l’Urssaf », souligne la gendarmerie.

Le Monde avec AFP



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