
Dans un dictionnaire géopolitique, on pourrait imaginer une entrée sommaire ainsi rédigée. « Etats-Unis (1944-2025) : grande puissance, chef de file du bloc occidental, s’appuyant sur le dollar, une économie inégalée, une armée sans rival et son pouvoir d’influence, au nom de valeurs libérales. » Tels étaient les termes de la grandeur américaine pendant des décennies, malgré les crises ponctuelles de différentes natures, de la guerre au Vietnam à celles en Afghanistan et en Irak. L’exemplarité américaine n’existait pas, mais sa seule invocation constituait un horizon politique et une bannière de ralliement.
Avec le retour de Donald Trump au pouvoir et la reconfiguration majeure qu’il impose, mise en lumière par la conférence de Davos, certains des termes de cette définition demeurent valables. La force du dollar, du marché intérieur américain, de ses capacités d’innovation, de son armée existent toujours, malgré l’avènement du grand rival chinois. En revanche, l’Amérique a perdu deux composantes essentielles : son rayonnement – assuré notamment par l’agence de développement Usaid, aujourd’hui sabordée – et surtout la confiance qu’inspire sa parole.
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