Après la prison en Biélorussie et l’exil forcé, Ales Bialiatski, le prix Nobel de la paix, ne désarme pas

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Ales Bialiatski, colauréat du prix Nobel de la paix 2022, et sa femme, Natalia Pintchouk, dans leur logement temporaire, à Vilnius, le 17 décembre 2025.

Il arrive d’un pas lent dans les rues de Vilnius, visiblement affaibli, mais souriant, bonnet sur la tête, sac plastique rempli de médicaments à la main. Ales Bialiatski, colauréat du prix Nobel de la paix 2022, est passé à la pharmacie entre une série de rendez-vous dans la capitale lituanienne.

Depuis sa libération par le régime de Minsk, samedi 13 décembre, et son expulsion vers la Lituanie, le militant biélorusse des droits humains, 63 ans, croule sous les sollicitations. Ses proches et ses soutiens ont eu si peur de ne jamais le revoir vivant qu’ils veulent tous le serrer dans les bras. De quoi donner le tournis à l’ancien prisonnier politique après quatre ans et demi dans les geôles biélorusses, loin de tout.

« Je suis submergé par les émotions », confie-t-il au Monde quatre jours après sa libération en s’installant avec son épouse, Natalia Pintchouk, sur le canapé de leur logement temporaire. Il ne l’avait pas revue depuis une brève visite en détention il y a trois ans. « Pendant des années, j’ai vécu dans un environnement très dur et, soudain, je peux enfin voir ma femme, mes amis, ma famille… C’est très excitant pour moi ! » Le retour à l’air libre est à la fois un choc et un ravissement. « C’est comme d’être resté assis pendant longtemps dans un endroit noir et glacé, et d’un coup, sortir et voir le soleil éblouissant et l’herbe verte. Je m’habitue peu à peu, mais cela prend du temps. J’ai des flash-back, je suis encore à moitié là-bas. »

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